Excursion au cœur de Tahiti

Intérieur de Tahiti
Quand on pense à Tahiti, bien souvent on imagine les plages de sable blanc (qui est d’ailleurs noir pour la plupart), le lagon bleu turquoise et peut-être le sommet des montagnes verdoyantes. Mais entre la montagne et la mer se trouvent des petits trésors regorgeant d’histoires et de végétation généreuse : les vallées de Tahiti. Véritables lieux de balades dans les entrailles de l’île, c’est en remontant ses cours d’eaux qu’on assiste aux spectacles que la nature nous offre telles que les impressionnantes cascades où les anciennes légendes demeurent.

Lieux de balade en nature au milieu d’une végétation abondante

L’île de Tahiti comporte beaucoup de vallées toutes plus mystiques les unes que les autres, dont celle de Tipaerui qui fait partie des plus connues. Située à deux pas du centre ville, elle mérite de se faire connaître par les touristes de passage à Papeete qui ont tendance à l’oublier, de même que les locaux car cette merveilleuse vallée est cachée par la zone industrielle. Mais si on s’aventure au-delà, on découvre une promenade menant à une magnifique cascade parmi une nature d’un vert éclatant. Cette dernière est préservée par une association sur place qui plante une multitude d’arbres fruitiers. Lors de ta balade, assure-toi d’emmener des aliments de première nécessité tels que du riz ou des boîtes de conserve afin de les troquer avec les personnes de l’association contre leurs fruits exotiques ! Tu peux également leur demander de les aider à planter un arbre, ils seront ravis de t’apprendre et d’avoir une main en plus pour contribuer à la préservation de leur fenua (la terre polynésienne). L’association reconstitue également les cérémonies d’antan lorsque des élèves viennent avec leur école découvrir la vallée. Le nom Tipaerui signifie « arrivés le soir » pour désigner les habitants de la presqu’île qui faisaient le trajet jusqu’à Tipaerui en pirogue en partant le matin pour arriver le soir.

Nous avons aussi la vallée de la commune de Papenoo sur la côte est, connue pour ses vagues par les surfeurs aussi bien débutants que confirmés. Elle a porté pendant un moment le nom de Te Mano Rahi qui veut dire « les 10 000 guerriers » car la vallée a été le lieu d’habitation permanent de grandes chefferies tahitiennes pendant plusieurs siècles. Auparavant elle s’appelait aussi Ha’apai’ano’o signifiant « le rassemblement de toutes les eaux ». En effet sa principale rivière reçoit un minimum de 35 affluents ce qui fait d’elle une vallée à la végétation luxuriante à profusion en passant par les bananiers, manguiers, goyaviers, mape et forêt de bambou. Parmi toute cette verdure on trouve également une faune riche comme des cochons et chèvres sauvages, des dizaines de variétés d’oiseaux, des chevrettes et anguilles dans les cours d’eaux... Les rivières de la vallée de Papenoo sont idéales pour une baignade ressourçante. Dans l’eau douce et fraîche, le courant de la rivière et ses remous en font une authentique thalasso. Si on continue la balade en 4x4 plus en profondeur dans la vallée, on se retrouvera au cœur de l’île entre Papenoo et la vallée de Mataiea, dans ce qu’on appelle le Relais de la Maroto au centre du cratère de Tahiti. L’aventure est d’autant plus agréable avec un guide qui te racontera les légendes de la vallée, l’histoire du tiki village et des maraes et te fera découvrir le lac Vaihiria, magnifique bassin au milieu de l’île.

Les vallées comme témoins de la vie des ancêtres polynésiens

Les vallées sont également un ancien lieu de vie et de culte remplies de vestiges archéologiques. On y trouve des maraes, lieu sacré dédié aux activités sociales, politiques et religieuses autrefois, qui se présentent comme des plateformes de pierres tels des temples à ciel ouvert. Ils sont souvent entourés de aito, plantes qui repoussent les mauvais esprits. Des rituels, des sacrifices, des mariages et des réunions s’y déroulaient entre autres. On peut assister à des reconstitutions de cérémonies dans la commune de Paea sur le marae de Arahurahu pendant lesquelles on peut ressentir le mana, cette énergie polynésienne. Ou encore dans la vallée de Hamuta à Pirae, sur le marae Tupuhaea. Les deux divinités polynésiennes souvent sollicités sont Ruahatutinirau, le dieu de l’océan et To’ahitimatanui le dieu de la végétation. Le but de ces cérémonies est généralement de dire au peuple de respecter sa terre, le monde végétal qui l’entoure.

La vallée de Nahoata à Pirae raconte la légende de la création du jeu du Hiri, qui consiste à faire ricocher les cailloux sur leau et à sauter ensuite dans les cercles créés par les ondulations de leau. C’est la ravissante Tautiti Vahine qui se baignait dans l’eau avec ses amies pour y jouer. Elle grandit dans cette vallée et était considérée comme la plus belle des filles. Elle allait se contempler non loin de là dans le bassin de boue de Hamuta, anciennement appelé Hamure qui veut dire « s’enliser dans la boue », et sa beauté ressortait tel un éclat même à travers l’eau trouble. Nahoata quant à lui signifie les nuages qui se rangent au-dessus de la montagne (naho veut dire « se ranger » et ata « nuages »). C’est dans cette vallée que les festivités de juillet se déroulaient auparavant : les fêtes du Tiurai qui s’étendaient sur plusieurs jours avec des jeux et des concours, comme la course à pieds à flanc de montagne. Moins d’habitants y résidaient qu’aujourd’hui faisant de la vallée l’endroit idéale pour y célébrer la culture polynésienne car elle regorgeait de nourriture : taro, fe’i, fruits, chevrettes dans la rivière et cochons sauvages.