Upa Upa Tahiti rencontre aujourd’hui Camélia Mearii U, une talentueuse artiste polynésienne qui a été révélée lors d’un concours de chant. Un moment de partage à son image, tout en douceur et en simplicité face à la mer à Taunoa, son endroit favori !
Ukulele préféré

Ia Ora Na Camélia ! Peux-tu te présenter s’il te plaît ?

Ia ora na Upa Upa Tahiti, je m’appelle U Mearii Camélia, je suis auteur-compositeur et interprète et la lauréate du concours de chant Nescafé Star 2019.

Tu as toujours aimé la musique ?

Oui, je chante depuis que je suis toute petite. Je n’ai jamais pris de cours, j’ai tout appris en autodidacte. Mais j’ai grandi dans une famille de musiciens alors je pense que ça m’a aidé à avoir l’oreille, à comprendre pourquoi il faut avoir du souffle pour atteindre telle note… Je suis la fille du chanteur polynésien Charles U, alors j’ai un peu suivi son parcours. Lorsque j’étais enfant, je l’accompagnais souvent lorsqu’il faisait des scènes et j’ai toujours souhaité faire pareil, devenir chanteuse à mon tour !

Pourtant ça n’a pas été facile au début : pendant des années, j’ai dû faire face à mes propres doutes mais aussi aux moqueries et au regard des autres… Que ce soit au collège ou bien sur les réseaux, après mes passages sur Studio Live Station. Plus jeune, j’ai aussi fait plusieurs concours que je n’ai pas gagné (dont Nescafé Star une première fois à l’âge de 16 ans où je n’ai pas été sélectionnée dès les premiers castings). Plusieurs fois, j’ai failli abandonner ce rêve de devenir chanteuse… Car il en faut de la volonté quand tu es seule pour mener à bien ton objectif !

En 2019, tu as retenté le concours Nescafé Star. Comment ça s’est passé, qu’est-ce que cette aventure t’a apporté ?

Ça n'a pas été simple non plus au début : j’ai failli lâcher car je ne croyais pas en moi. La compétition était rude, les concurrents étaient très talentueux et je me demandais parfois ce que je faisais là. Mais au fur et à mesure que l’aventure avançait et à force de travail, j’ai repris confiance en moi et j’ai combattu mes croyances limitantes.

Le soir de la finale, j’ai aussi eu la chance de chanter sur To’ata et cette scène, c’était un rêve pour moi. Avant, j’allais y voir mon papa et je me disais “un jour, je serai là-bas”. Et j’ai réussi ! Chanter sur la scène de To'ata c’est quelque chose à vivre, et c’est tellement beau lorsque ton rêve se réalise ! C’était l’une des plus belles soirées de ma vie, je suis fière de cette victoire. En gagnant Nescafé Star, mes doutes se sont levés et je me suis rendue compte que j’avais ma place dans la musique, tout comme mon papa. Ma victoire a été un peu une revanche sur la vie et ça m’a donné la force et encore plus de motivation pour me lancer vraiment dans la chanson. Ma victoire m’a permis de gagner une notoriété, du matériel, l’enregistrement d’une chanson… Mais la plus grande des récompenses c’est que ça a surtout changé le regard que je portais envers moi-même. Ca m’a apporté de la confiance en moi et maintenant je sais ce que je vaux. Désormais les critiques ne m’atteignent plus !

Peux-tu nous parler de ta chanson “Moemoea”, que tu as pu enregistrer suite à ta victoire ?

“Moemoea” veut dire “rêve” en tahitien. C’est l’histoire d’une petite fille qui a toujours voulu chanter mais qui était moquée par ses amis. Mais malgré tout, elle n’abandonnera pas : elle continuera de travailler encore et encore et à la fin, elle réalisera son rêve, celui d’être chanteuse. Ça raconte mon histoire en fait. Mais cette chanson est aussi porteuse d’un message : je souhaite encourager tous les jeunes qui ont des projets à ne pas abandonner. A travers mon parcours, j’espère être une motivation envers tous ceux qui ne réussissent pas du premier coup ! Les échecs sont parfois bénéfiques car ils nous permettent de comprendre qu’il faut davantage travailler et être mieux préparés pour réussir ce que l’on entreprend. Et je suis heureuse car ma chanson a eu l’effet escompté : lorsqu’elle est sortie, j’ai reçu pas mal de messages de personnes qui me disaient que ma chanson les avait beaucoup aidé et motivé à ne pas abandonner leur projet !

Tu écris et composes tes propres chansons ?

Oui, la chanson “Moemoea” c’est d’ailleurs l‘une de mes compositions. C’est la seule pour l’instant qui est sortie au grand jour. J’ai une facilité à composer en tahitien. Je compose toujours avec mon ukulélé, en bord de mer. Être seule, entendre le bruit des vagues et le chant des oiseaux, regarder la montagne… Ça m'inspire ! Je commence toujours en jouant quelques airs, je m’enregistre, je réécoute puis j’écris et je rectifie ceci cela… Je m’inspire aussi du feeling que j’ai : par exemple si je suis amoureuse, je vais écrire une chanson d’amour !

Est-ce important pour toi de chanter et composer en tahitien ?

Oui, car non seulement ça me vient plus facilement qu’en français ou en anglais mais aussi parce que j’ai envie de perpétuer la langue. J’ai grandi dans une famille où la langue tahitienne était importante, j’ai aussi fait l’école du dimanche à l’église protestante où tout était en tahitien et j’ai aussi fait une licence de reo. J’ai vraiment une passion pour ça : j’aime ma langue, j’aime entendre les gens parler en tahitien. C’est dommage car on la parle de moins en moins, que ce soit à la maison ou entre amis. Alors le fait d’écrire et de chanter dans ma langue ça me permet de revenir aux sources car je n’ai pas la chance de la parler au quotidien, pourtant j’aurais aimé !

Comment as-tu appris à jouer au ukulele ?

J’ai commencé lorsque j’étais petite, vers l’âge de 8-9 ans avec mes cousins et cousines ! Celui qui savait jouer nous apprenait. J’ai rapidement accroché avec cet instrument, on s’amusait bien ! J’ai grandi dans une famille où on faisait beaucoup la bringue avant et je regardais souvent les grands qui jouaient du ukulélé, pour apprendre les accords et la frappe. Je sais seulement jouer en Do mais ça me suffit pour la composition de mes chansons. Mais cette année, j’ai pour objectif d’apprendre un peu plus à jouer du ukulélé !

Tu as une préférence pour le ukulele par rapport à la guitare ?

Oui car c’est un instrument qui est plus facile à apprendre que la guitare, notamment car il n’a que 4 fils. J’ai une préférence pour le ukulélé parce que c’est simple, petit et léger et tu peux l’emmener partout. Si je devais faire le tour du monde, je partirais avec un ukulélé ! J’aime aussi beaucoup le son des ukulélés hawaiiens car il est doux et reposant.

Quels sont tes prochains projets ?

Prochainement je vais faire partie du clip pour la nouvelle édition Nescafé Star 2021, auprès des candidats et d’autres chanteurs locaux. J’interviendrai également lors de certaines soirées, afin de motiver les candidats, leur envoyer des good vibes et qu’ils puissent voir ce que ça fait d’être lauréate : on ne nous oublie pas. Ça sera aussi un moyen pour moi de revenir un peu sur scène car après ma victoire, il y a eu le confinement… J’ai aussi souhaité me faire un peu oublier car je traversais une période un peu compliquée personnellement. J’ai choisi un parcours professionnel complètement différent car j’ai opté pour l’esthétique alors j’ai davantage consacré mon temps à ça qu’à la musique. Alors à travers ces soirées organisées par Nescafé Star, j’ai envie de montrer que je suis toujours présente même si je ne peux pas consacrer 100% de mon temps à la chanson. J’ai conscience qu’il faut avoir un métier à côté car c’est compliqué en Polynésie de ne vivre que de la musique. Ici c’est encore petit et ça ne gagne pas malheureusement, c’est bien différent de l’étranger.

Cette année je souhaite revenir petit à petit, notamment lors d’animations acoustiques. Sinon j’ai aussi pour projet de sortir une nouvelle composition et son clip, sur le thème de l’amour.

Mauruuru roa pour ce moment U Mearii !

Merci à vous Upa Upa Tahiti pour ce moment de partage !