Upa Upa Tahiti a eu l'occasion d'interviewer Tumahai ROO, un sympathique professeur de ukulélé et le fondateur de la "Arearea Ukulele School" à Tahiti.
Ukulele préféré

Ia ora na, peux-tu commencer par te présenter ?

Ia ora na, je m'appelle Tumahai Roo, j'ai 23 ans et j'ai quitté l'université pour aider mon père dans son école de musique et j'y ai donc pris goût. Depuis tout petit j'aimais déjà la musique, on dormait entre deux hauts parleurs dans les bringues ! Au début je donnais les cours des débutants et mon père s'occupait des niveaux intermédiaires et avancés. Beaucoup m'ont complimenté en me disant que j'étais un bon professeur donc ça m'a mis en confiance pour continuer. C'est comme ça que j'ai commencé à donner des cours pendant un an à Tahiti International School pour les enfants. Là-bas aussi mon travail plaisait, les enfants aimaient ma pédagogie. Suite à ça j'ai eu envie d'ouvrir ma propre école, ce que j'ai fait avec l'aide de ma chérie. On a eu l'idée de la nommer "Arearea Ukulele School" ("Arearea" qui signifie la bringue, s'amuser, rigoler). On a ouvert en juin 2019 et on accueille tous les publics à partir de 7 ans. Il suffit d'appeler quand vous en avez envie et je suis là ! Par contre avant 7 ans, les doigts des enfants sont assez fragiles et donc je déconseille car ça va être compliqué de leur apprendre à jouer.

Comment donnes-tu les cours ?

Je donne aussi bien des cours particuliers que des cours collectifs. J'ai commencé les cours particuliers début 2020 pour les personnes qui ont envie d'avancer un peu plus vite ou qui n'ont jamais joué avant et qui manquent de confiance en eux. Dans ces cas-là, je privilégie les choix de l'élève, c'est-à-dire les chansons et genres musicaux qu'il préfère. En cours collectif, je prends le temps aussi de proposer aux élèves de choisir les chansons dont ils ont envie. C'est quelque chose que j'apprécie vraiment parce qu'on le fait toujours dans l'amusement, on rigole et on n'est pas du tout là pour se mettre la pression. C'est vraiment un partage. Sinon j'ai un répertoire qui regroupe des chants célèbres, que ce soit anglais, tahitiens, français ou hawaïens, avec des notes simples pour les débutants, puis des chants moins connus avec des notes plus complexes. Ça permet de faire découvrir la diversité des musiques et tout ce qu'on peut faire avec le ukulele. Le ukulele te permet de jouer des chants traditionnels mais pas que ! C'est un instrument qui invite vraiment au voyage, à l'évasion.

Comment as-tu appris à jouer du ukulele ?

J'ai appris quand j'avais 8 ans, on m'a offert un ukulele que j'ai toujours d'ailleurs ! Je me rappelle qu'avant je ne jouais pas beaucoup mais avec le temps, j'ai eu de plus en plus envie de participer aux bringues et j'ai vraiment commencé à jouer vers mes 17 ans. Dès que j'ai commencé, j'ai fait des recherches et mon papa m'a formé. Maintenant je suis vraiment content de ce que je fais, beaucoup me disent qu'on dirait que je suis fait pour ça et c'est vrai que j'aime vraiment ça.

On peut dire que tu as la musique dans la peau alors ?

Effectivement ! Mon papa est musicien et tous ses frères savent bien jouer d'un instrument, et j'ai grandi avec ces exemples musicaux. Et maintenant avec mes cousins et cousines on joue tous à notre tour, que ce soit le ukulele, la guitare ou même le tam-tam !

Quelle est ta préférence parmi les instruments dont tu joues ?

En plus du ukulele et du kamaka, je joue de la guitare. Je choisis l'instrument en fonction des chants que je joue. J'ai envie de faire passer un message donc la façon de jouer et l'instrument choisi vont avoir un rôle majeur. Alors des fois c'est la guitare, et pour d'autres chants je préfère le ukulele ! Le kamaka je l'utilise surtout quand on est en petit groupe parce qu'avec ses notes douces on peut bien entendre le chant, au contraire du ukulele polynésien qui est plus agressif. Après quand on fait des bringues je préfère le ukulele ou la guitare. Le choix de la préférence est difficile !

Quand tu donnes des cours, est-ce qu'il y a des étapes de base par lesquelles passer ?

Oui, j'apprends d'abord à régler le ukulele, puis les notes de base et les notes universelles, etc. On essaye de vraiment faire petit à petit, et avec le temps on arrive vers des registres plus compliqués où beaucoup de notes se suivent, surtout dans les chansons tahitiennes où parfois sur un mot tu peux avoir trois notes !  On revient aussi sur des morceaux qu'on a déjà vus de manière simplifiée, mais on ajoute des notes ou des parties en plus.

Ça s'apprend la dextérité des mains ?

C'est surtout de l'entraînement. Au début personnellement j'avais du mal, donc mon papa me donnait des exercices pour m'aider à travailler la souplesse de mes doigts. Il m'a fait travailler ça pendant presque un an, moi qui voulais apprendre plusieurs morceaux, je devais m'armer de patience ! C'est justement ça qui a fait que j'ai lâché à cet âge-là puis j'ai repris à la fin du lycée la guitare, et après le ukulele.

Pour toi faut-il avoir des notions de solfège ?

Pas forcément, il faut seulement s'entraîner un peu chaque jour. Ce que je conseille à mes élèves c'est de pratiquer dès qu'ils ont le temps. Dès qu'ils rentrent du travail ou de l'école par exemple, prendre 5 minutes pour s'entraîner. Beaucoup me disent d'ailleurs que jouer un petit peu après le travail les aide à se sentir plus apaisés.

A la fin de l'année organises-tu un spectacle ?

On avait prévu de le faire l'année dernière mais avec la crise sanitaire tout a été chamboulé... Pour le moment on ne sait pas vraiment comment ça va se passer. On prévoit cependant de faire quelque chose pour les fêtes de fin d’année comme un goûter de Noël.

Fais-tu également partie d'un groupe de musique ?

Pas du tout. Avant je n'avais pas confiance en moi et c'est seulement il y a 2 ans qu’en chantant au ukulele ma grande sœur m'a entendu pour la première fois, en me complimentant. De même que toute ma famille et ma chérie qui sont toujours présents pour me soutenir et m'encourager ce qui m'aide beaucoup. Une fois, j'ai joué au Petit Théâtre de la Maison de la Culture de Tahiti lors d'un spectacle et c'est impressionnant mais c'est aussi ces expériences-là qui donnent de la confiance.

Qu'est ce qu'on peut te souhaiter alors pour la suite, tes futurs projets ?

Mon plus grand souhait serait d'agrandir ma salle, mon école et de pouvoir donner des cours à plus de monde. J'aimerais aussi louer un autre endroit où on peut être plus nombreux. Actuellement on est assez restreint avec les barrières sanitaires donc on est maximum à 5 élèves. 

Et bien nous te souhaitons tout cela ! Merci beaucoup pour ton temps !

Merci à vous Upa Upa Tahiti !